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  • Les marées de la (dé)polarisation


    Dépolarisé ? Non. (dé)polarisé. Vous voyez la différence ? — Vous devriez. Canular à part, cette édition de notre revue étudiante représente un détachement — sans toutefois être un reniement, bien au contraire — de nos jeunes racines. Cette (dé)polarisation, tout sauf frileuse, se veut pour Poiesis un nouveau départ, un regard différent, un changement de perspective. Mais pourquoi (dé)polarisé ?

    L’idée derrière cette thématique délibérément imagée doit être comprise à un niveau plus métaphorique ; nous ni nos propos ne sont à la dérive — loin de nous le néant ! Rappelez-vous, (dé)polarisé, non dépolarisé. Une (dé)polarisation contrôlée, cernée, concentrée. Toutefois, toujours la même question qui retentit et résonne dans vos têtes : pourquoi (dé)polarisé ?

    Beaucoup de facteurs ont nourri le choix de ce thème. Le premier étant la grande volonté de Poiesis de s’évader des confins des bien-aimés murs de l’École où elle naquit. Nous voulons sortir dehors y humer le frais mais ô combien doux air de l’automne — nous voulons sortir des murs pour rappeler le nom d’une défunte chronique qui pouvait jadis être lue dans les pages de cette revue.

    Un autre facteur qui évoque tout autant la (dé)polarisation est le fait que plusieurs étudiants de troisième année, — qu’ils étudient en design industriel aussi bien qu’en design d’intérieur — quittent le temps d’une (et même dans certains cas, deux) session leur berceau universitaire montréalais pour aller découvrir et palper une nouvelle culture et même, dans plusieurs cas, acquérir de nouvelles connaissances en design au passage ! Ici, le principe développé dans le précédent paragraphe est toujours valable — les gens vont à et vers l’étranger dans le but de découvrir comment faire du design autrement, selon des règles et valeurs propres aux contrées vers lesquelles ils ont choisi de s’expatrier.

    Or, par le fait même, lorsque quelques mois plus tard ils réintègrent leur nid universitaire montréalais, ne se trouve plus sous leur bras une baguette de pain ou une bouteille de vino rosso, mais bien un énorme bagage de nouvelles expériences et connaissances qui nourrissent et engendrent des discussions originales, génèrent de singulières prises de bec et provoquent une auto-critique collective de notre pratique du design. Succinctement dit : partir pour mieux revenir.

    Il faut s’ouvrir, laisser nos ventouses encéphaliques récolter le plus d’informations possible — nous devons tous nous nourrir de diversité, d’étrangeté, de nouveau comme d’ancien pour se renouveler certes, mais également et tout bêtement pour s’amuser en tant que designers.

    Au sujet des dialogues…
    2009 marquera le quarantième anniversaire de l’École de design industriel. Quarante ans de design à l’Université de Montréal : 36 cohortes — une source intarissable de talents et de visions. Pendant ce temps, la jeune et fougueuse Poiesis désire ne plus seulement écrire ; elle veut à présent entretenir une véritable conversation et d’honnêtes échanges avec ses lecteurs, indépendamment de leur âge, expérience ou champs d’intérêts.

    Il nous fut reproché que notre revue ne s’adressait qu’à nous-mêmes, étudiants toujours sur les bancs universitaires. Reproche accordé. Voilà pourquoi notre École, de pair avec notre association étudiante et par l’entremise de Poiesis, désire recréer chez les anciens un fort sentiment de responsabilité et d’appartenance vis-à-vis l’École, mais également de créer une véritable fraternité (un ordre ?) parmi les designers qui ont gradué de l’École de design industriel. Qui plus est, le site Web de Poiesis (http://www.poiesis.aedii.qc.ca) se trouve présentement sur la table d’opération chirurgicale — chirurgie coronarienne et esthétique au menu. Nous avons la ferme intention de créer avec ce site Web une véritable plaque tournante du design qui se fait au Québec avec tout ce que cela comporte : nouvelles constamment mises à jours, réseaux de contacts (communauté), base de données (wiki) et bien évidemment, notre revue en-ligne.

    Amoureux et autres concubins du design, nous, chérubins de ce milieu, désirons nous faufiler subtilement hors de notre confortable couette académique afin de ne plus uniquement vous écrire ; nous voulons vous parler, nous désirons vous voir, nous souhaitons vous entendre et nous espérons vous lire un jour dans nos pages — tous ! Nous devons nous défaire des attaches et habitudes de notre milieu douillet afin de soutirer de nouvelles connaissances et opinions dans l’ultime but de les rapatrier, analyser et puis comprendre. Ainsi, nous nous forgerons une plus forte identité et seront plus conséquent dans notre agir en tant que designers et acteurs sociaux[1] du monde.

    1. Consulter Poiesis volume 2 numéro 2 à ce sujet…

  • Pierre-Alexandre
    Poirier
  • Directeur de Poiesis
    Étudiant de 4e année en design industriel
  • vans
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